Afrique : les militaires
Afrique : Les militaires "sauveurs" de la démocratie ?
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Soixante-treize coups d’Etat ou tentatives de coups ont été recensés en Afrique depuis les indépendances.
Trente-trois dans la seule partie occidentale. L’Afrique malade de ses militaires ? Démocraties défaillantes, régimes prédateurs, dictatoriaux ou révolutionnaires, les raisons de leurs interventions
sont multiples. Pendant longtemps, elles ont été synonymes de répression de mouvements populaires, de restauration de pouvoirs autocratiques au service d’élites nationales ou étrangères. Puis on a vu surgir des
officiers porteurs de changements radicaux contre le statu quo néocolonial et les inexorables
déclins économiques et sociaux entraînés par des gestions calamiteuses des ressources
nationales. Enfin, ce fut le tour des coups d’État militaires postérieurs au mouvement de démocratisation
du début des années 1990, dont les auteurs se réclamaient de valeurs républicaines
et démocratiques, bafouées selon eux par des élites rapaces et incompétentes. C’est à une résurgence de ce phénomène, qui a eu ses exemples réussis au Mali ou au Ghana il y a quelques décennies, que l’Afrique occidentale est à nouveau confrontée depuis le « coup de balai » du général
Guéi en Côte d’Ivoire, en passant par la « lutte contre la corruption des élites » en Guinée du capitaine Dadis Camara, ou encore le tout récent « assainissement de la classe politique » entrepris par les officiers nigériens. Ce dossier propose d’analyser les causes conjoncturelles et profondes de ces mouvements, ainsi que la progression
de la professionnalisation et de la modernisation des armées de part et d’autre du continent.