RDC

L e Congo de nouveau déstabilisé, en crise, décrédibilisé, deux ans seulement après les premières élections démocratiques qu’a connues le pays depuis quarante ans. La crise dans l’Est sert encore une fois de révélateur des faiblesses de l’État congolais, dépassé par l’immensité de sa tâche, détourné par les interférences des intérêts partisans.
e Congo de nouveau déstabilisé, en crise, décrédibilisé, deux ans seulement après les premières élections démocratiques qu’a connues le pays depuis quarante ans. La crise dans l’Est sert encore une fois de révélateur des faiblesses de l’État congolais, dépassé par l’immensité de sa tâche, détourné par les interférences des intérêts partisans.
Le pouvoir a jusqu’ici été incapable de créer ou de reconstruire les institutions étatiques indispensables à sa survie en tant que démocratie, en premier lieu la mise en place d’une armée républicaine. La misérable défaite, en novembre dernier, de l’armée nationale face à l’offensive des rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), et plus encore les abus perpétrés contre les civils – à l’instar des rebelles et autres milices – ont mis en lumière les graves défail lances de l’État, à l’ombre desquel les des officiers rapaces privent les soldats de leurs soldes ou de leurs rations. Pourtant, l’intégration, dans cette armée, des combattants de tous les anciens belligérants signataires des accords de paix de 2002 était censée être un véritable gage de réussite.
Ce dossier, qui s’est notamment prévalu de la précieuse collaboration de François Misser, auteur de plusieurs ouvrages sur le Congo, n’évite aucune de ces questions et offre un éclairage parfois inédit sur les complexes enjeux de la crise. Tout d’abord sur l’instabilité chronique dans l’Est, au Kivu, mais également plus au nord, en Ituri, où les illuminés sanguinaires de l’Armée de résistance du Seigneur ont à nouveau établi leur sanctuaire. Il analyse la responsabilité – partagée – de l’échec des accords de 2007 entre le gouvernement, le CNDP et les autres groupes rebelles. Les complicités de l’armée avec les rebelles rwandais hutu, dont la capacité de nuisance n’a nullement été entamée, en dépit des promesses du pouvoir congolais de procéder à son désarmement et  son rapatriement. Ce sera désormais la tâche des opérations conjointes  des armées congolaise et rwandaise. La fin de l’interminable guerre du  Nord-Kivu ?